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Les heures de prière Introduction - Page 3

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IV. Les latitudes extrêmes : le concept de pénibilité


IV.1 Introduction


Deux cas de figure se présentent :

- Des latitudes en-deçà des cercles polaires (< 66° 33’ N et S) où le soleil se couche et se lève à longueur d’année.
- Des latitudes encore plus élevées où règne le jour perpétuel ou la nuit perpétuelle à certaines périodes de l’année.

Dans le deuxième cas des latitudes très élevées, au-delà des cercles polaires, nous pouvons ignorer l’hémisphère sud, car il n’y a plus de terres habitées au sud du cercle polaire antarctique. Tel n’est pas le cas pour des latitudes au nord du cercle polaire arctique.

En réalité, nous verrons que la ligne de démarcation pour le calcul des heures de prière à des latitudes élevées se situe non pas au cercle polaire arctique, mais déjà à 60° N, l’hémisphère sud n’étant pas concerné.

IV.2 Une règle générale : Sub’u Lail ou le septième de la nuit


L’algorithme de Syed Khalid Shaukat peut être étendu à des latitudes jusqu’à 65°, moyennant comparaison avec une autre valeur pour Subh Sadiq et pour Shafaq que nous expliquons ci-dessous.

Entre les latitudes 55° et 65° nord ou sud, les jours sont extrêmement longs en été. Subh Sadiq aura lieu très tôt le matin. Combiné avec un Isha très tardif, cela peut donner lieu à une situation de pénibilité pour le musulman, notamment en période de jeûne. Des juristes musulmans (Fuqaha) se sont penchés sur la question.

Ainsi, entre les latitudes 55° et 65°, nous comparons deux valeurs : celle donnée par l’algorithme de Syed Khalid Shaukat et celle que donne la règle du Sub’u Lail, le septième de la nuit. La règle de Sub’u Lail est admis par Hakim ul Ummat Ashraf Ali Thanwi (Imadadul Fatawa, vol 2, p 98, 12/12/1322 Hijri) et aussi par Allamah Shami in Durre Mukhtar. (Pour plus de détails, nous invitons le lecteur à consulter le site www.moonsighting.com dans la rubrique « heures de prières »). Selon cette règle, la nuit est divisée en sept segments égaux. L’heure du Fajr sera alors soit au début du dernier segment de la nuit soit à l’heure donnée par l’algorithme de Syed Khalid Shaukat, en retenant l’heure la plus tardive. Au contraire, l’heure d’Isha sera soit à la fin du premier segment de la nuit soit à l’heure donnée par l’algorithme de Shaukat, en retenant l’heure la plus précoce.

IV.3 Limitation de Sub’u Lail : des jours trop longs en été et trop courts et hiver


La règle de Sub’u Lail ne suffit pas pour résoudre la question de la durée du jeûne à des latitudes extrêmes.

La deuxième ville en Finlande, Tampere (61,5°N ; 23,8°E) a une population de plus de 300 000 habitants, dont 5000 Musulmans. Les Musulmans sont représentés par la Société Islamique de Tampere. La durée du jour, vers le 20 juin, solstice d’été – c’est à dire l’intervalle entre Fajr et Maghrib – excède les 20 heures, malgré l’application de la règle de Sub’u Lail. Tampere est loin du cercle polaire.

La situation s’empire dans les villes au nord du cercle polaire. Prenons le cas de Narvik en Norvège, situé à 68,47°N et 17,43°E. Au 20 juin – solstice d’été – l’intervalle entre Fajr et Maghrib atteint 23H27M tandis qu’au solstice d’hiver, le 20 décembre, l’intervalle se réduit à 2H51M. Ceci malgré la règle de Sub’u Lail.Pour le jeûne du Ramadan, dans un cas comme dans l’autre, de telles durées sont anormales. Nous avons reçu de nombreux messages des villes à des latitudes très au nord nous faisant part de la difficulté d’observer des jeûnes d’une longueur pareille en été.

Le Créateur désire une discipline, mais non pas au-delà des forces humaines. Les cinq prières sont obligatoires, mais, dans des cas extrêmes, il est permis de s’adapter par un jugement sage et sain. Comme preuve, on cite le Hadith de Dajjal, où le jour sera comme une année et les compagnons du Prophète ont reçu l’instruction de calculer judicieusement (Rapporté par Muslim – Tome 2, p 51 et 52 - selon la narration d’Annawwas Ibn Sam’an).

Une dernière difficulté que nous avons déjà évoquée ci-dessus : au-delà du cercle polaire, le soleil ne se lève pas ou bien ne se couche pas certains jours de l’année. A Hammerfest en Norvège, par exemple – à 77,66°N et 23,68°E – tel est le cas entre le 14 mai et le 30 juillet (jour perpétuel) et entre 22 novembre et le 19 janvier (nuit perpétuel).

IV.4 Quelle solution pour les latitudes extrêmes ?


Certains Musulmans des pays nordiques nous ont demandé si, en cas de situation anormale, il était légitime de se référer aux heures de prière de Makkah pour limiter la longueur du jeûne en été. Nous avons estimé qu’une telle procédure n’était pas légitime. Nous avons cependant demandé à notre co-équipier, Prof. Hocine Bourriche (voir la rubrique « à propos » sur la page d’accueil de notre site), de voir s’il existait une législation fiable pour fixer une durée maximale du jeûne en été et une durée minimale en hiver, dans le cas, bien sûr, de situation anormale. Après de multiples recherches, Prof. Bourriche a trouve une la législation en question. Nous invitons le lecteur à la consulter en cliquant sur le lien suivant : étude du Prof Bourriche.

Selon le Conseil Egyptien de la Fatwa, Dar al-Iftae : « Toute durée de jeûne supérieure à 18 heures ou inférieure à 6 heures doit être considérée comme anormale. Il conviendrait dès lors de se référer aux horaires de La Mecque. » Nous adoptons la normalité de la durée du jeûne proposée par le Conseil. Mais nous n'adoptons pas la référence aux horaires de La Mecque car la différence de longueur de jour est trop importante et le changement, trop brutal. Sur ce deuxième point, nous suivrons plutôt la solution suggérée par Le Conseil des Grands Savants de l'Arabie Saoudite qui consiste à se référer dans les conditions extrêmes – absence totale de jour ou absence totale de nuit – au pays équilibré le plus proche.

Dans la pratique, nous retenons non pas les valeurs les valeurs normatives fixées par la Fatwa de Dar al-Iftae, mais celles pratiquées par les habitants des pays nordiques à 60° de latitude. Deux villes importantes se trouvent à 60° de latitude, avec une population musulmane nombreuse. Il s’agit d’Oslo en Norvège (40 000 Musulmans) et de St Petersburg en Russie (500 000 Musulmans avec une belle mosquée, la plus grande en Europe jusqu’en 1990).

Il se trouve que le jour le plus long de l’année aussi bien à Oslo qu’à Saint Petersburg est de 19 heures 38 minutes (le 20 ou le 21 juin) et le jour le plus court de 7 heures 43 minutes (le 20 ou le 21 décembre). Définies comme le temps écoulé entre Fajr et Maghrib, ce sont ces longueurs qui serviront comme durées de référence plutôt que les durées de 18 heures ou de 6 heures fixées par la jurisprudence. En effet les durées de jeûne à la latitude de 60° sont d’usage depuis longtemps par une population musulmane importante. Aussi ces durées peuvent servir de référence.

Notons au passage que les longueurs des jours dépendent surtout de la latitude et peu de la longitude. Ainsi, à l’autre extrémité de la terre, à White Horse, Canada, situé à 60,68°N et 135,13°W, les longueurs maximales et minimales des jours sont à peu près les mêmes (19H54M le 20 juin et 7H27M le 20 décembre). La population musulmane concernée est faible : à peu près cinquante.

IV. 5 Comment procéder en pratique ?


Pour tout lieu L, à une latitude supérieure à 60°, dès que les longueurs des jours (durée entre Fajr et Maghrib) dépassent les 19H38M en été ou bien sont inférieures à 7H43M en hiver (et ceci malgré l’application de la règle de Sub’u Lail), nous glissons imperceptiblement vers le sud tout en gardant la même longitude. Les pas de glissement sont faibles : de 0,03°, l’objectif étant à la fois d’éviter des ruptures dans les heures de prières et de maintenir les longueurs des jours aux valeurs normatives de 19H38M ou de 7H43M.

Nous glissons vers le sud jusqu’à atteindre la latitude de 60° – celle d’Oslo ou de St Petersburg – aux solstices d’été ou d’hiver. Ensuite nous remontons imperceptiblement vers le nord, jusqu’à ce que nous arrivions à une période de l’année où la situation redevient normale à L avec des longueurs des jours dans les valeurs normatives. Nous utilisons la même méthode à plus forte raison quand le soleil ne se lève pas ou ne se couche pas dans le lieu.

La période durant laquelle nous devons « quitter » le lieu L et glisser vers le sud pour le calcul des heures de prières dépend de la latitude de L. A Hammerfest, par exemple, à 77,66°N, la situation est anormale entre le 30 avril et le 14 août en été et entre le 3 novembre et le 9 février en hiver. Entre le 14 mai et le 30 juillet, le soleil ne se couche pas tandis qu’entre le 22 novembre et le 19 janvier il ne se lève pas. C’est donc uniquement en dehors de ces périodes anormales que nous pouvons appliquer les règles normales de calcul pour Hammerfest.

V. Résumé du calcul de nos heures de prière, notamment pour Fajr et Isha


1. Pour les latitudes jusqu’à 55° nord ou sud : nous utilisons l’algorithme développé par Syed Khalid Shaukat, en comparant la valeur ainsi obtenue avec celle que donne la méthode de dépression de 18°. L’heure retenue pour Fajr est la plus tardive des deux valeurs obtenues. L’heure retenue pour Isha est la plus précoce des deux valeurs obtenues.

2. Pour les latitudes entre 55° et 60° nord ou sud, nous utilisons toujours l’algorithme développé par Syed Khalid Shaukat. La valeur obtenue est comparée avec celle que donne par la règle du septième de la nuit. Fajr est prié à l’heure la plus tardive des deux valeurs. Isha est prié à l’heure la plus précoce des deux valeurs. Cela évite au mieux une situation de pénibilité pour le fidèle.

3. Pour les latitudes supérieures à 60°, nous prenons en compte les valeurs normatives des longueurs des jours fixées, d’une part, par la jurisprudence (Fatwa de Dar al-Iftae) et, d’autre part, par l’usage dans les grandes villes situées à 60° de latitude, Oslo en Norvège et St Petersburg en Russie. Ces valeurs sont 19H38M en été et 7H43M en hiver. Dès que la situation devient anormale dans les lieux à grande latitude, nous glissons par pas de 0,03° vers les sud tout en gardant la même longitude afin the de maintenir les longueurs des jours dans les valeurs normatives. Dès que la situation devient normale dans le lieu, nous reprenons le mode habituel de calcul.

4. Les autres heures de prières, Zuhr, Asar et Maghrib, ont des définitions mathématiques précises. Comme nous nous efforçons de maintenir une situation « normale » avec un lever et un coucher de soleil définis, ces heures sont faciles à calculer.